Marre de votre job : malaise passager ou envie profonde de changement ? Comment trancher ?

Vous êtes de moins en moins motivée pour allez travailler le matin ? Vous ne supportez plus vos collègues ? La pression de votre hiérarchie est devenue insupportable ? Vous vous ennuyez à votre poste ? Dès le dimanche soir, vous avez une boule au ventre et vous avez des difficultés à vous endormir ? Certains voyants sont au rouge et votre ras le bol est tel que vous avez une envie irrépressible d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs …

Mais d’un autre côté, vous connaissez votre travail sur le bout des doigts et êtes devenue une vraie pro sur tous vos sujets ? Vous avez certains avantages (télétravail, temps partiel, proximité de votre domicile, salaire important…) que vous risquez de perdre ? Vous êtes quasiment certaine d’avoir de l’avancement prochainement ? Vous avez peur de trouver pire ailleurs ? Et tous ces freins vous incitent à être un agent dormant.

Pas facile de faire un choix cornélien ! Mission impossible ?

Loin des tracas et du stress quotidiens, bien au calme à l’ombre d’un arbre ou d’un parasol… Et si vos vacances étaient le moment propice pour faire le point sur votre situation ? Quels sont les 6 points à étudier pour prendre sa décision de changer de travail… ou pas !

#1 – Mission Top secret

Les raisons du mal être par rapport à votre travail peuvent être extrêmement profondes ou seulement passagères. Pas facile de déterminer ce qu’il faut faire, car le risque de faire le mauvais choix avec son lot de conséquences fâcheuses et l’impossibilité d’un retour en arrière est à son maximum.

C’est ce qui m’est arrivé il y a 2 ans. J’ai quitté mon poste, un peu sur un coup de tête, et depuis, j’erre de mission en mission sans retrouver de situation stable. J’ai donc réfléchi à ce qui aurait pu m’aider à ne pas me fourrer dans un tel guêpier  et je partage avec vous l’opération spéciale que j’ai mise en place afin de ne pas tomber une seconde fois dans ce type de piège.

En tout premier lieu, sachez que la réflexion vous appartient totalement. Que ce soit votre mari, vos parents ou vos amis, n’en parlez absolument pas à votre entourage ! Pour le moment, ces personnes sont persona non grata : elles trouveront toutes les bonnes raisons du monde pour vous faire culpabiliser, vous dissuader de tout changement… Et du même coup, briser tous vos rêves et votre confiance en vous.

Mais enfin ma chérie ! Rends-toi compte de la CHANCE que tu as d’avoir la sécurité de l’emploi, un salaire qui te permet de t’offrir des vacances à l’autre bout du monde, d’être à 5 minutes de chez toi et de pouvoir t’occuper de tes enfants tous les soirs ! Tu ne vas quand même pas tout envoyer valser parce que tu trouves que ton travail n’a pas de sens et que ton collègue te fait soi disant la gueule toute la journée ! Prends sur toi !

Si tu le dis !…

Vous l’aurez compris, pour éviter les faux arguments, le camouflage est impératif. Isolez-vous sans concession dans un endroit calme et tranquille. Offrez-vous un sympathique tête à tête avec vous-même, vous l’avez bien mérité. Rien de tel que de s’écouter à tête reposée pour faire le point.

Munissez-vous d’un magnifique crayon et d’une feuille de papier toute blanche (oui, profitez-en aussi pour vous déconnecter totalement ; vous ne serez pas tentée d’aller sur Facebook ou Outlook) et voyons sans plus attendre comment faire une passe entre votre raison et votre cœur.

#2 – Renseignements de base

La première phase : collecter tous les avantages et les inconvénients de la situation dans laquelle vous vous trouvez.

1) Pour cela, partagez la feuille de papier en 4 parties égales.

Commencer par inscrire votre sujet en haut de la feuille. Le titre commencera par un verbe à l’infinitif.

Par exemple : rester sur ce poste ; changer d’entreprise ; démissionner ; partir à l’étranger ; monter ma boîte…

2) En haut à gauche, listez tous les avantages de la situation actuelle (au moins 5), et en haut à droite, tous les inconvénients.

Inscrivez tout ce qui vous vient à l’esprit, quel que soit le domaine : travail, relations, famille, finances, santé, intellect, loisirs… En effet, dans la vie, tout est lié ; tout est donc d’une extrême importance. Ne négligez aucun détail, aussi futile soit-il.

Attention : formulez de façon positive. Pourquoi ? Tout simplement pour faciliter les analyses par la suite. Un avantage négatif a de grandes chances d’être un inconvénient. Par exemple l’avantage « ne plus subir de pression » deviendra l’inconvénient « subir des pressions ».

N’hésitez pas à vous y prendre en plusieurs fois. Le fait de poser les éléments les plus importants par écrit libère l’esprit et laisse place à des éléments secondaires auxquels vous n’auriez pas pensé de prime abord.

Cette partie est complète ? Parfait. Voyons à présent comment remplir la section basse de la feuille.

#3 – Renseignements clés

En bas à gauche, indiquez tout ce que vous risquez si restez dans la situation étudiée : risques à ne pas faire.

Et dans la case en bas à droite, notez les risques encourus si vous décidez de passer à l’action : risques à faire.

De même que pour le bilan, explorez tous les domaines de votre vie : risque de burn out ou de dépression, divorce (mon mari ne supporte plus que je passe plus de temps avec mon ordinateur qu’avec  lui), chômage, baisse du niveau de vie, difficultés à rembourser l’emprunt de la maison, etc.

Notez sans exception tous les risques encourus pour chacune des deux éventualités. Aucun interdit, aucun tabou.

Seconde étape terminée ? Passons sans attendre à la phase suivante, et non la moindre.

#4 – Évaluation

Il s’agit de la partie la plus délicate du processus, car en fonction de votre situation, certains éléments vont avoir plus d’importance que d’autres.

Par exemple, si je gagne 3 000 euros et que je possède un patrimoine immobilier qui me rapporte 40 000 euros par mois, mon salaire, c’est de l’argent de poche. Par contre, si je n’ai pas eu la chance d’hériter d’un confortable capital familial et qu’en plus mon conjoint est au chômage, le montant de mon salaire va être crucial.

Pour chacun des éléments inscrit, la mission « Happy end » va consister à attribuez une valeur en votre âme et conscience en fonction de l’importance que vous lui accordez.

Cette cotation est complètement subjective et n’appartient qu’à vous. Pourquoi ? Parce qu’elle dépend à cent pour cent de vos propres valeurs.

C’est d’ailleurs pour cette raison que votre entourage ne vous sera jamais de bon conseil. Sur la centaine de valeurs existantes, chacun d’entre nous en a seulement 5 ou 6 majeures. Autant dire que la probabilité que votre meilleure amie ait exactement les mêmes valeurs que les vôtres, de surcroit dans le même ordre, est quasi nulle !

L’évaluation est la suivante :

1) Pour les avantages et inconvénients : attribuez une note de 0 (sans importance) à 10 (extrêmement important) à chacun d’eux.

2) Pour les risques, deux critères sont à évaluer :

o Une note de 0 (sans importance) à 10 (extrêmement important)

o Un pourcentage de probabilité de survenue

Par exemple, si je ne change pas de travail, mon mari risque de demander le divorce. Je suis folle de lui, j’attribue donc 10 points car c’est un sujet de la plus haute importance pour moi. La semaine dernière nous avons discuté et il souhaite avoir un troisième enfant. La probabilité pour qu’il demande le divorce est donc très faible. Je vais indiquer 10%.

o Multipliez les deux nombres pour obtenir la valeur de l’argument.

Pour l’exemple ci-dessus, la valeur est de 1 point (10*10%)

3) Une fois les cotations effectuées, calculez le total pour chacune des 4 parties de la feuille.

Votre document complété ressemble à présent à la figure suivante :

Vous avez coté chaque item. A la relecture, les éléments vous semblent justes ?

Les totaux révélés au grand jour, l’heure du verdict a sonné ! Analysons de suite les résultats.

#5 – Décryptage

Vous avez désormais entre vos mains toutes les clés pour accéder au Saint Graal et prendre la décision finale.

Si le total des avantages est nettement supérieur à celui des inconvénients, a priori vous avez plutôt intérêt à ne pas changer.

Par contre si les inconvénients sont nettement supérieurs aux avantages, il est sans doute temps pour vous de prendre les choses en main et de commencer à chercher un nouveau terrain de jeu.

Dans tous les cas, approfondissez votre réflexion en vous appuyant sur les cotations des risques.

Par exemple, dans la simulation ci-dessus, les inconvénients l’emportent clairement sur les avantages, présageant un changement de situation. Ce que confirme le poids des « risques à ne pas changer », supérieur à celui des « risques à changer ».

Prenez le temps d’intégrer ces formidables révélations.

Ce n’est jamais facile de trancher dans un sens ou dans un autre.

Pourtant les évidences sont bien là, juste sous vos yeux. Pas de panique, les informations sont encore classées secret défense. Pour le moment, tout est fictif. Nous pouvons donc aller au bout de nos hypothèses. Imaginons  deux minutes que vous décidiez d’appliquer vos conclusions.

Prenez le temps d’évaluer votre ressenti : comment vous sentez-vous ? Quelles émotions et quelles sensations se présentent à vous ? Du soulagement ou de la satisfaction ? Un peu de peur ou d’inquiétude ? Tout ceci est bien normal. Et en même temps ce sont de précieux indicateurs. Notez sans retenue tout ce qui émerge.

Mais ce n’est pas fini. Il nous reste une dernière étape essentielle à réaliser que je vais vous révéler sur le champ.

#6 – Opération spéciale

L’être humain a réussi à survivre grâce à sa capacité à anticiper les dangers. Nous avons tous gardé ce mode de fonctionnement. Il a un terrible inconvénient. Il fait naître la peur qui peut avoir tendance à nous paralyser et nous maintenir dans des situations franchement inconfortables : la fameuse résistance au changement.

Mais c’est également un énorme atout ! En l’utilisant à bon escient, il va aussi nous pousser à agir.

Comment ? Dans le cas présent, il suffit d’anticiper le pire du pire qui pourrait arriver. Vous allez me dire que c’est terrifiant ! A vrai dire, pas tant que ça.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en ayant connaissance du « danger », vous allez pouvoir anticiper des solutions et des avantages à la situation.

Par exemple, imaginons que vous quittiez votre emploi et que le pire soit de rester sans travail pendant un an… Ce qui signifie une perte d’argent. Vraiment ? Vous aurez moins de revenus, donc vous paierez moins d’impôts. Si vos enfants sont en bas âge, vous allez pouvoir les garder et économiser des frais de crèche ou de nourrice. Cela fait des années que vous rêvez de suivre une formation en comptabilité ou en anglais. C’est le moment ou jamais !…

Deuxième exemple, vous décidez de rester aux mêmes fonctions mais vous vous ennuyez à mort actuellement. Vous pouvez demander à votre manager une formation office 365 ou en espagnol dans l’optique d’une prochaine évolution de carrière ; ou encore demander à avoir un peu plus de responsabilités. Vous voyez l’idée ?

Réfléchissez à votre propre situation et apportez des arguments positifs et des solutions à chaque point négatif. Ne vous censurez pas ! Plus vous aurez d’idées, et plus vos craintes diminueront.

Vous avez terminé ? Votre choix est fait ? Félicitations !

Mettez vos idées en ordre de bataille et quand vous serez fin prête, courrez exposer votre projet et autres plans d’action avec conjoint, amis, parents, voisins de camping ou de serviette de plage. Face à votre détermination et votre argumentation, de nouvelles suggestions pourront même vous être proposées.

Comment vous sentez vous à présent ?

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Ces informations vous ont été utiles ? Vous avez testé cette méthode ? Vous procédez différemment ? Dites-nous tout !

Et si des sujets vous tiennent à cœur, n’hésitez pas à les suggérer ci-dessous.

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Commentaires 2

  • bonjour,
    Je trouve cet article très intéressant.
    Cependant, je trouve la cotation difficile. En effet, j’ai appliqué cela pour un déménagement, et la cotation du risque si je reste a été totalement chamboulée par la crainte des attentats. Du coup, j’ai choisi de déménager alors qu’en fait c’était sans doute une erreur. J’ai du coup beaucoup de mal avec cette cotation… même si le pourcentage de survenue permet de mieux évaluer !!!!
    Comment faire quand on ne connaît pas vraiment le pourcentage de risque ?
    Merci pour cet article!!!

    • Bonjour Stéphanie,

      Merci pour vos encouragements !

      Vous avez entièrement raison, ce n’est pas toujours simple d’évaluer le risque qu’un événement se produise.

      Je pense que naturellement, nous avons tendance à considérer le risque et la probabilité comme deux synonymes, alors que selon moi, le risque dépend de la probabilité. Je m’explique.

      C’est peut-être une simple supposition de ma part, mais pour moi, derrière la notion de « risque » se cache la notion de danger (et donc de peur), ce qui peut avoir tendance à altérer notre jugement en faisant appel à notre subjectivité. C’est ce qui va générer l’importance que l’on accorde ou non à un risque donné.

      Dans le cas des attentats que vous citez, tout le monde a été extrêmement choqué par ce qui s’est produit à Paris, à Nice, etc. Les conséquences étant tragiques et traumatisantes, l’importance que l’on va accorder à ce type d’événement sera donc à son maximum (10/10).

      C’est pourquoi il va être important de le temporiser par le deuxième élément : la « probabilité ». Toujours selon moi, la « probabilité » fait appel à des notions de mathématiques, de statistiques, de faits et donc à l’objectivité.

      Statistiquement, la probabilité pour qu’un attentat se produise en France est de 1 sur 55 millions, soit 0,000000018.

      Si on résume le « risque » à la formule suivante : RISQUE = IMPORTANCE x PROBABILITE
      Dans le cas des attentats, on obtient un risque proche de 0 (10 x 0,000000018 = 0,00000018)

      Pour la cotation, je vous suggère donc 2 choses.
      La première, d’écouter ce que vous dit votre instinct pour la partie « importance »
      La seconde, pour la partie « probabilité », voici quelques suggestions pour vous y aider :

      – Si le sujet est général (risque d’attentat, risque d’avoir un accident de voiture sur le trajet domicile-travail, etc.) vous pouvez effectuer une recherche sur Google ou tout autre moteur de recherche. Il y a de grandes chances pour que vous obteniez des réponses.

      – Si le sujet est spécifique à vous-même, demander à plusieurs personnes de votre entourage vous permettra d’avoir une idée plus précise de la situation, avec en prime, des arguments auxquels vous n’aviez peut-être pas pensé. En tout cas, vous aurez des évaluations. A partir de là, vous pouvez retenir celle qui vous semble la plus juste, ou faire une moyenne des réponses obtenues (donc des statistiques) si vous n’avez vraiment aucune idée.

      – Une dernière piste : demander à un ou plusieurs spécialistes. Par exemple, imaginons que vous fumez un paquet de cigarettes par jour depuis l’âge de 17 ans. Vous pouvez demander à votre médecin traitant quelle est la probabilité que vous développiez un cancer du poumon ou de l’œsophage.

      Voilà ! J’espère que cette réponse vous aura éclairée.
      Et merci pour l’intérêt que vous portez à mes articles.

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