Promis, demain j’arrête de procrastiner ! 6 solutions faciles pour commencer dès maintenant…

Remettre à demain ce que vous pourriez faire tout de suite… Cela vous connait ? Vous êtes peut-être passée experte internationale en la matière ?

Que ce soit occasionnellement pour une corvée ponctuelle qui nous horripile au plus haut point, ou attendre systématiquement la dernière minute pour agir dans le stress, la procrastination est un défaut devenu un sport national, dans lequel nous excellons tous plus ou moins, qu’on soit étudiant, actif ou retraité. Selon une étude OpinionWay réalisée début 2018 pour l’entreprise « JeChange », 49% des sondés procrastinent a minima une heure chaque jour au travail, et 22% admettent procrastiner plus de deux heures par jour !

Dans son livre « J’arrête de procrastiner, 21 jours pour arrêter de tout remettre au lendemain » (éditions Eyrolles), Diane Ballonad Rolland écrit qu’en l’espace de seulement 40 ans, la procrastination aurait augmenté de 300 à 400 % !

La procrastination n’est pas une maladie, c’est un comportement, une sorte de mécanisme de défense que nous mettons en place pour faire face à un danger… Ce que notre cerveau pense être un danger.

Comment sortir de cet engrenage ? Comment comprendre la procrastination et surtout éviter d’y céder ?

#1 – Identifier les causes profondes

Si vous faite partie des 49% de la population qui procrastine, vous avez pu constater qu’au moment même où vous décidez de ne pas vous attaquer à la monstrueuse obligation qui vous taraude, vous ressentez un soulagement instantané.

Le report de tâches rebutantes vous permet de ne pas affronter une ou des émotions intenses. Mais c’est reculer pour mieux sauter. Car tôt ou tard, l’échéance va revenir au galop, aussi rapidement que la marée d’équinoxe… Et vous en paierez le prix fort avec les intérêts : inévitablement le mal être va venir vous envahir de façon encore plus insupportable qu’initialement.

Quelle émotion vous met dans tous vos états ? Est-ce la peur de ne pas s’en sortir ? De ne pas être à la hauteur ? De ne pas bien faire ? De ne pas être suffisamment reconnue dans ce que vous allez faire ?… Ou au contraire la peur d’être trop visible ? De souffrir en vous sentant enfermée dans un projet de longue haleine ? Le souvenir d’une activité similaire qui s’est mal passée précédemment ? D’un projet trop important pour lequel vous n’avez pas assez de temps ? …

Prenons l’exemple de la déclaration d’impôts… C’est de saison.
Pourquoi tant de français attendent-ils la dernière minute pour la remplir ? Pour ne pas connaître le montant final qui leur échappera ? Pour se donner l’illusion que le fisc n’aura pas leur argent aussi facilement qu’il le voudrait ? Pour échapper à une contrainte injustifiée ou une « phobie administrative » ?…

Quelle que soit la réponse, derrière tout comportement se cache une utilité. Trouvez la raison et vous trouverez une parade.  Car la procrastination n’est autre qu’un moyen de protection inapproprié.

Ce n’est donc pas seulement qu’une question d’organisation. C’est quelque chose de plus profond qui empêche le passage à l’action. Vous faites sans doute partie des personnes pour qui réaliser cet acte-là a des conséquences négatives plus importantes que de ne pas commencer (ou ne pas terminer).

Si tel est votre cas, vous pouvez tester la technique très simple du journal de bord. Cela consiste à noter dans un carnet pendant une semaine, toutes les fois où vous remettez quelque chose à un autre moment.

Pour chacune d’elle, notez quelle « excuse » vous vous êtes trouvée et comment vous vous êtes sentie juste après avoir procrastiné ; attribuez une note de 0 à 10 à cette sensation (0 = aucune sensation ;  10 = émotion maximale)… puis procédez de même, plus tard (entre le moment où vous avez reporté et celui où vous n’avez pas fait : le soir, le lendemain ou la semaine suivante par exemple). Comparez les deux notes.

Cet exercice a pour but de vous faire prendre conscience de la souffrance que cette attitude génère en vous.

Remarque : si cette souffrance est trop intense et que vous n’arrivez pas à changer seule, n’hésitez pas à faire appel à un coach ou un thérapeute.

 

Vous ne trouvez pas la cause de cette étrange conduite? Cherchons une stimulation plus excitante.

#2 – Rechercher le plaisir

Ne pas faire les choses tout de suite quand elles sont pénibles peut sembler assez compréhensible. Mais comme nous venons de le voir, ce n’est qu’un leurre.

Pourtant tout le monde n’adopte pas cette stratégie, puisque la moitié de la population française préfère se débarrasser tout de suite des corvées pour avoir l’esprit tranquille et se consacrer ensuite à des choses beaucoup plus agréables.

Cette attitude a un triple avantage : s’ôter d’un poids psychologique en arrière fond, ressentir du soulagement et de la satisfaction au moment où le travail est achevé, et passer à des activités beaucoup plus plaisantes par la suite.

Pour aller plus loin dans cette voie, identifiez un bénéfice source de plaisir ou un effet positif au fait de réaliser votre tâche.

Par exemple, actuellement, je suis une formation de psychopraticien afin d’être en mesure de reconnaître les symptômes (anxiété, phobie sociale, trouble du comportement…) et les précautions à prendre pour chaque  profil, au cas où un client viendrait me consulter et souffrirait d’un trouble particulier. Le mois prochain, nous passons un examen qui permettra de valider nos acquis.

Au départ, j’avais des difficultés à me replonger dans les cours pour bachoter. Jusqu’au moment où j’ai pris conscience que la finalité de cet apprentissage n’était pas de réussir l’examen, mais d’être parée à reconnaître un type de personnalité en souffrance et de pouvoir proposer un accompagnement adapté à sa situation.

Trouver un but et un sens à cet apprentissage m’a permis de passer d’un manque de motivation pour répéter bêtement ce que nous avions appris en cours au plaisir de connaitre les caractéristiques de chaque trouble.

En résumé, s’acquitter d’un travail rébarbatif permet d’augmenter l’intensité du plaisir et donner du sens à notre travail apporte de la joie.

C’est excellent pour la confiance en soi et l’estime de soi, car inconsciemment, nous activons l’effet « waouh » et les drivers positifs qui l’accompagnent : « Waouh, je l’ai fait ! », « Waouh, j’ai réussi à terminer ce dossier ! », « Waouh, j’ai couru pendant 30mn »… Autrement plus motivant que les « je suis nulle », « je ne changerai jamais »…

Alors, devenez-en addict de la précrastination (le contraire de la procrastination), c’est excellent  pour l’estime de soi. Mais ce n’est pas tout !

#3 – Valorisez vos choix

La procrastination a une énorme influence sur la dévalorisation de soi car plus vous rentrez dans ce mode de fonctionnement, moins vous croyez en votre capacité à mener à terme un projet et plus cela augmente avec le temps.

Lorsque l’échéance sort du bois, le cor de la culpabilité se met à résonner au tréfonds de votre tête, la meute de reproches vous assaille de toute part et vous vous sentez aux abois, telle une pauvre biche pourchassée par une horde de chiens.

Vous vous traitez alors de tous les noms d’oiseau, vous vous insultez comme jamais et vous vous en voulez à mort.

Ce déferlement d’insultes et de culpabilité est extrêmement dévastateur pour l’estime de soi car les insultes n’ont jamais aidé personne à grandir.

Par conséquent, choisissez en conscience de reporter une activité ou une tâche pour une raison noble.

Par exemple, ce matin vous avez prévu d’aller à la salle de gym. Vous avez glissé une bouteille d’eau, une serviette éponge et tout l’équipement nécessaire à cette activité dans votre sac de sport. Mais après la journée harassante que vous venez de passer, vous décidez de rentrer directement chez vous en vous promettant d’y aller la semaine prochaine.

En arrivant chez vous, plutôt que de vous rabaisser plus bas que terre parce que vous n’allez pas brûler les calories de la tarte au citron que vous avez prise au déjeuner, respectez vous et assumez votre décision en voyant les choses sous un autre angle : vous prenez soin de vous pour recharger vos batteries, ce qui est tout aussi louable que d’aller courir 5 km sur un tapis de course. En plus, dormir aide aussi à perdre du poids !

Bien sûr, cette astuce fonctionne pour les choses de la vie qui n’ont pas un enjeu vital. Maintenant, si la mission que vous envisagez de reporter sine die est une obligation incontournable, prévoyez une réserve de cartouches prêtes à l’emploi.

Voyons comment réaliser cet approvisionnement.

#4 – Un attirail d’alternatives

Une façon simple de ne  pas laisser tomber quelque chose d’important est de trouver au moins 10 autres façons de procéder.

 Par exemple, vous devez préparer un PowerPoint pour la prochaine réunion de demain. Les alternatives peuvent être :  

  • déléguer cette mission à mon alternante ;
  • la décomposer en plusieurs étapes (rédiger le plan, préparer les graphiques, sélectionner les chiffres clé, rédiger le contenu) et planifier un moment précis dans la journée pour chacune de ces sous-tâches ;
  • faire l’impasse sur le fignolage de la présentation : pour une fois, si les puces ne sont pas alignées au centième de millimètre près ou si la police n’est pas à la charte graphique, ce n’est pas grave ;
  • négocier un délai pour un travail qui entre en conflit avec mon emploi du temps ;
  • reporter la réunion ;
  • ne pas partir du bureau tant que cette présentation ne sera pas terminée ;
  • faire la réunion sans PowerPoint (il y a 50 ans, PowerPoint n’existait pas ; les réunions si !)
  • préparer seulement les points clés, sans détail et développer oralement en séance
  • rédiger un document Word, l’imprimer et le remettre à chaque participant
  • faire la présentation avec un(e) collègue, pour me motiver et passer un bon moment ensemble
  • m’autoriser une pause café ou une pause Twitter quand ce sera terminé
  • m’isoler dans une salle

Vous n’aurez plus qu’à choisir la solution qui vous convient le mieux et s’adapte à la situation du moment. Observez comment vous vous sentez en optant pour cette solution.

Maintenant, la cause de ce rejet qui vous incite à reporter à plus tard la tâche rébarbative, est peut être tout simplement due à une nécessité fondamentale.  Voyons lesquelles.

#5 – Déconnecter pour mieux se ressourcer

Vous vous êtes couchée à minuit pour répondre aux derniers mails en attente de réponse, levée à 6h du matin pour prendre votre douche, vous préparer, puis lever les enfants, les emmener à l’école. Vous courez attraper votre train de banlieue, checkez vos messages dans Messenger, envoyez quelques tweets, sautez dans votre métro avant que les portes ne se ferment, prenez l’ascenseur en pensant à la tonne de travail qui vous attend en arrivant au bureau, démarrez sur des chapeaux de roue en allumant l’ordinateur, montez à l’étage pour régler un problème avec la compta,  redescendez et téléphonez au SI qui se trouve à l’autre bout de Paris pour vérifier que la prochaine version de l’application sera prête dans les délais…

Il est 16h, vous avez juste eu le temps d’avaler un thé à midi pour calmer votre estomac qui réclamait son content de nourriture, et soudainement, vous n’avez pas envie de vous pencher sur l’appel d’offre qui nécessite pourtant de vous plonger sans attendre dans la rédaction du document et ne pas exploser les délais du projet à venir…

Et si votre besoin de procrastiner venait d’une overdose momentanée de travail ? Vous n’avez pas arrêté une seule minute depuis que vous êtes levée. L’être humain n’est pas programmé pour travailler à un rythme aussi effréné du matin au soir.

Notre corps et notre cerveau ont des besoins fondamentaux que nous devons respecter.

En enchainant une multitude de tâches les unes à la suite des autres, vous faites subir à votre organisme un rythme que vous n’imposeriez même pas à votre voiture !

Si la jauge d’essence indique que le réservoir est pratiquement vie, vous vous rendez à la station service la plus proche pour faire le plein… Pourquoi sauter le déjeuner ?

Quand vous traversez la France du nord au sud pour vous rendre sur la Côte d’Azur et passer vos vacances tant méritées, vous faites des haltes régulières sur les aires d’autoroute… Mais pas pour votre cerveau.

Vous vidangez régulièrement l’huile du moteur pour prolonger sa durée de vie… mais retardez systématiquement la pause pipi qui vous ferait perdre un temps précieux.

Nos ressources attentionnelles ne sont pas illimitées. Si vous les sollicitez sans arrêt, à un moment donné, vous allez avoir du mal à vous y mettre.

Lorsque les niveaux d’énergie sont trop bas et que vous n’écoutez pas votre corps, votre cerveau déclenche l’alerte rouge pour vous rappeler qu’il est en surrégime et qu’il est temps de se déconnecter, de recharger vos batteries, de glandouiller, de rêvasser.  Bref, de faire une pause.

Apprenez à gérer votre capital énergie dans la durée en alternant activité et pause indispensable pour ré-oxygéner l’esprit. Savourez vos week-ends, détendez vous pendant le déjeuner, conciliez davantage votre vie professionnelle et votre vie privée et engagez vous dans tout un tas d’activités qui permettent au cerveau de se mettre en veille sur les questions professionnelles. Il n’en reviendra que regonflé et plein de vitalité.

Et si vous êtes accro à Candy Crush, Diamond Dash ou autre Temple Run, il est peut-être temps de faire un point sur votre rythme de vie… et de jeter un œil sur la matrice d’Eisenhower qui va suivre.

#6 – La matrice d’Eisenhower

Cette méthode visant à donner des priorités aux tâches aurait été inspirée par Dwight David Eisenhower, 34ème président des États-Unis d’Amérique. Il aurait un jour déclaré : « Ce qui est important est rarement urgent et ce qui est urgent rarement important« .

Développée à partir de cette citation, la matrice d’Eisenhower est un tableau à double entrée qui comprend 4 zones :

Le temps est limité et le nombre de choses à faire est exponentiel.  Il nous faut donc faire des choix (y compris celui de ne pas faire) et les prioriser.  Mettre l’accent sur l’importance plutôt que sur l’urgence nous permet de prendre du recul et de moins vivre dans le stress.

Listez les différentes tâches que vous avez à réaliser et répartissez les dans l’une des 4 catégories suivantes :

1) Urgent et important : à faire en premier (pas plus de 3 par jour)
Exemple : Dossier d’appel d’offre ; Déclaration d’impôts (en ligne)

2) Urgent mais non important : à faire en second ou à déléguer
Exemple : PowerPoint pour la réunion de demain

3) Non urgent mais important : à planifier et faire après les 2 catégories précédentes
Exemple : Prendre un rendez-vous chez le coiffeur

4) Non urgent et non important : ces tâches sont inutiles et peuvent être supprimées
Exemple : Candy Crush, Temple Run….

La matrice d’Eisenhower s’avèrera un outil précieux vers votre libération du joug de l’urgence.

Maintenant : action. Le but n’est pas de supprimer complètement la procrastination, car ainsi que nous venons de le voir, elle joue un rôle de régulation important. Trouvez le juste milieu et apprenez à repérer ce qui est le plus important et le plus approprié à un instant T.

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