Mois sans tabac : pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de fumer ?

Vous savez parfaitement que le tabac est extrêmement nocif pour la santé… mais à chaque pause de la journée, vous êtes plutôt du genre en griller deux d’affilée en ignorant superbement les photos bien gores qu’arborent désormais tous les paquets de cigarettes et les messages sensés être dissuasifs inscrits sur l’emballage : « Fumer tue »… mais ne pas fumer aussi !

Les paquets de cigarettes valent de plus en plus cher et vous coutent un bras mais vous préférez asphyxier vos poumons plutôt que d’arrêter la clope…

Vous détestez l’odeur du tabac froid mais n’envisagez pas une seule seconde vous passer des onctueuses volutes de fumée qui descendent au plus profond de vos poumons.

Vous avez conscience de gêner les non-fumeurs mais à chacun ses défauts… au moins vous avez la ligne !

Vos enfants vous pressent régulièrement d’arrêter de fumer mais cela vous serait insupportable de vous priver de ce plaisir incommensurable que vous ressentez dans tout votre corps, à chaque fois que vous prenez une taffe… En plus si vous arrêtiez, vous seriez invivable !!!

A chaque argument vous avez la riposte, comme pour vous dédouaner de la culpabilité de fumer et vous auto-persuader que le tabac est un véritable plaisir, la seule aide psychologique importante, un régulateur d’humeur indispensable…

Pour preuve, le nombre de fumeurs inscrits à la deuxième édition du « Mois sans tabac » est en baisse de près de 13%, passant  de 180 000 en 2016 à 160 000 en 2017.

Arrêter de fumer est tellement dur !

Les statistiques sont là pour nous le rappeler :

  • Seuls 2 à 5% des fumeurs parviennent à abandonner la cigarette sans aucun soutien du premier coup.
  • Au bout d’un an, 80% des personnes ayant tenté d’arrêter de fumer ont repris le chemin du bureau de tabac, aussi attiré par les cigarettes que les mouches par un pot de confiture !

Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de fumer, alors qu’il est notoire que le tabac affaiblit l’organisme, accroit les risques de dépression et provoque des maladies graves voire mortelles telles que les cancers et les crises cardiaques ?

La nicotine si souvent incriminée est-elle si addictive qu’on le prétend ?… ou n’est-ce qu’un leurre des compagnies internationales du tabac ?

#1 – La nicotine : source de tous les maux ?

Tous les médias en parlent, l’affirment haut et fort, le fanfaronnent sur tous les toits… La nicotine est LE produit qui vous ensorcelle et vous empêche de vous libérer de vos chaînes

Vraiment ?

Que disent les études menées par des laboratoires indépendants ?

La nicotine est complètement évacuée de votre sang au bout de 72 heures, soit seulement 3 jours.

Il n’y a donc aucune raison neurobiologique de vous sentir en manque de nicotine au-delà de cette période.

Les résultats de quelques études étayant ces propos :

Les fumeurs privés de cigarettes du commerce préfèrent des cigarettes sans nicotine à de la gomme à mâcher avec nicotine…

Des chercheurs ont administré de la nicotine à des rats chaque fois qu’ils appuyaient sur une pédale. On observe que les rats ne deviennent pas du tout des maniaques de la pédale. En fait, ils s’en lassent et, très rapidement, n’appuient plus dessus. Par contre, avec de la cocaïne, les rats deviennent complètement accros à la pédale et appuient dessus tout le temps… Pas avec la nicotine.

En 2009, le professeur Jean-Pol Tassin, neurobiologiste et directeur de recherches à l’Inserm, a fait une découverte fracassante.

Après 30 ans de recherches, il publie les conclusions de son étude dans le prestigieux Journal of Neuroscience (publication américaine qui fait autorité dans le secteur de la recherche) [1] et démontre enfin ce que le professeur Robert Molinard, un des plus grands spécialistes de la tabacologie en France, affirmait depuis des années : la nicotine seule n’est pas addictive

Mais alors, qu’est-ce que c’est ?

Les coupables ne sont ni l’ammoniac, ni la coumarine, également mis en cause à l’époque. La découverte de Jean-Pol Tassin est sans appel. Le vrai fautif, c’est le sucre !

Car oui, les industriels n’hésitent pas à ajouter des produits sucrés tels que le sucrose, le miel ou le chocolat pour adoucir le goût amer du tabac… Et attirer plus de jeunes et de femmes à consommer leurs produits.

Plusieurs chercheurs comme Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS et neuroscientifique, ont démontré que le sucre est plus puissant que la cocaïne.

En 2011, le magazine « 60 millions de consommateurs » en partenariat avec le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) révélait que pour attirer de jeunes consommateurs, les tabacs à rouler contenait 10% de sucres, et le tabac à narguilé, 37% [2].

Or Jean-Pol Tassin explique qu’en brûlant, ces sucres libèrent des IMAO (Inhibiteurs de MonoAmine Oxydase) dans la fumée de cigarette… Et les IMAO sont des  antidépresseurs très puissants mais générant des effets secondaires très graves qui ont justifié leur retrait du marché depuis de nombreuses années [3].

Associés à la nicotine, ces sucres brûlés créent l’addiction au tabac.

Dans ces conditions, vous saisissez aisément pourquoi il est si aisé de succomber au charme envoutant des volutes de la cigarette.

Mais ce n’est pas tout. Comme pour toutes les addictions, 3 facteurs entrent en jeu.

Voyons déjà le premier d’entre eux.

#2 – L’impact physiologique

Comme nous venons de le voir, une fois absorbés, les additifs ajoutés lors de la confection des cigarettes vont déclencher des réactions physiologiques dans notre corps et notre cerveau.

Nous le savons tous, les cigarettes contiennent des poisons absolument nocifs pour notre santé.

Imaginez que par mégarde, vous mangiez des champignons vénéneux… ou une pomme empoisonnée par une abominable sorcière. Que se passe-t-il ?

Votre corps va immédiatement réagir en expulsant de votre organisme le poison absorbé.

Plus le poison sera toxique, puis le corps l’éjectera rapidement : vomissements, fièvre pour transpirer et évacuer par les pores, diarrhées…

Mais avec la cigarette, vous n’avez rien avalé de consistant. Les substances nocives sont donc évacuées par la respiration (d’où l’haleine de chacal), la toux, la sueur et l’urine. Ce grand nettoyage va durer environ 3 jours.

Pendant ce laps de temps qui peut sembler interminable et inquiétant, l’abstinence va donner l’impression d’aller plus mal : toux, fatigue, irritation des bronches, étourdissements, brûlures d’estomac… pour ne citer que quelques uns des symptômes du sevrage (variables d’une personne à l’autre).

Mais c’est comme si vous décidiez de faire un grand nettoyage de printemps dans votre maison et d’arrêter de secouer les tapis au prétexte que la poussière qui se dégage vous fait éternuer. Si vous voulez une maison saine, vous n’aurez d’autre choix que d’aller jusqu’au bout.

Le problème, c’est que par méconnaissance, pendant la période du sevrage vous avez l’impression que la situation s’aggrave.

Comme l’être humain cherche en premier à éviter la souffrance, vous vous ruez sur la première cigarette à portée de main et replongez dans le cercle vicieux et infernal du tabagisme.

Si vous voulez vraiment arrêter, il vous faudra prendre votre mal en patience le temps que votre organisme termine sa cure de détox car le jeu en vaut la chandelle :

  • 24 heures après votre dernière cigarette, votre sang est oxygéné normalement ;
  • après 48 heures, vous gagnez en qualité de sommeil ;
  • après 72 heures, vos bronches commencent à se relâcher et votre niveau d’énergie augmente…

Les résultats sont beaucoup plus rapides que de perdre 10 kg !

Au bout de 2 ou 3 semaines, la toux et la fatigue diminuent et votre souffle s’améliore.

Mais attention ! A l’impact physiologique s’ajoute une seconde difficulté à dépasser. Découvrons tout de suite laquelle.

#3 – L’encrage comportemental

Depuis combien de temps fumez-vous déjà ? Vous n’avez pas commencé hier…

De plus, vous fumez plus d’une cigarette par jour. Combien… 5 ? 10 ? Un ou deux paquets ?

Au fil du temps, vous avez développé une certaine gestuelle : sortir la cigarette de son étui ou le matériel pour la rouler, la porter à votre bouche entre 2 doigts, toujours la même main, approcher la flamme du briquet (ou de l’allumette) pour l’enflammer, inspirer pour attiser la combustion, attirer la fumée jusqu’à votre bouche et l’envoyer au plus profond de vos poumons, ressentir le plaisir que cela procure à travers tous vos sens et tout votre être, avant d’expirer et de rejeter un petit nuage de fumée, droit devant vous, sur le côté ou en hauteur, selon que vous êtes seule ou à plusieurs, fumeurs uniquement ou accompagnée de non fumeurs, en pause ou en train de draguer.

Tous ces gestes, vous les avez répétés encore et encore, des dizaines voire des centaines de fois par jour, du matin au soir, du premier janvier au trente et un décembre. Au rythme de 10 bouffées par cigarette, une fumeuse régulière répète le geste 70 000 fois par an.

Autrement dit, vous vous êtes auto-conditionnée, au même titre que le chien de Pavlov.

Chacun de ces gestes, vous les exécutez de façon automatique. Vous les avez tellement développés, que sans vous en rendre compte, vous avez-même mis en place une sorte de second langage crypté que seuls les fumeurs peuvent décoder.

Au cours de ses études sur les couples, le psychologue américain Daniel Goleman (auteur du livre « L’intelligence émotionnelle« ), a observé que dans les couples de fumeurs, si l’un des deux arrête, leur mode de communication change, la discorde s’installe et peut les conduire au divorce…

Amie fumeuse, si votre amoureux est également fumeur, voilà un très bon test pour vérifier la solidité de votre couple…

Si vous n’êtes pas joueuse, mieux vaut se lancer un défi à deux, ce qui pourra au contraire vous rapprocher. Car études à l’appui, changer une habitude à plusieurs augmente les chances de réussite.

Si madame cigarette rythme votre vie du matin au soir, vous l’aurez compris, l’arrêt du tabac va impliquer un changement d’habitudes… du matin au soir.

Le challenge est donc de taille !

Comment arrêter définitivement de fumer cette année ?

Car sous l’effet des additifs (sucre, menthol, chocolat, réglisse, jus de prune, barbe à papa …) la cigarette active le centre du plaisir dans le cerveau. Pour pouvoir changer radicalement, il va vous falloir trouver des substituts extrêmement fun pour chaque situation tabagique, à la fois en activité et en produit.

Par exemple, accompagner le café du matin d’une tranche de pain ou d’un fruit ; remplacer la pause cigarette par une pause thé pour maintenir le besoin de coupure dans la journée et aussi le lien social ; ou encore prévoir une séance de relaxation ou de méditation le soir avant d’aller vous coucher.

A proscrire formellement les substituts type bonbons à la menthe, chocolat ou petits gâteaux secs qui ne feraient que déplacer le problème addictif (remplacer une source de sucre par une autre)… et faire pencher l’aiguille de la balance du mauvais côté.

En conclusion, un changement d’habitude, cela se prépare. Or la plupart du temps, pour passer du statut de fumeur à celui de non-fumeur, on sait ce que l’on rejette, mais pas du tout ce vers quoi on veut se tourner.

Se retrouver du jour au lendemain face à un grand vide est terrifiant.

Par solution de facilité, la fumeuse court donc demander une clope à sa copine de bureau, mais c’est la dernière. Puis deux. Puis trois… J’achèterai un paquet pour te rembourser.

Et comme il en restera dans le paquet… la fumeuse reste fumeuse, culpabilise et se persuade qu’elle n’a aucune volonté

Ce qui nous amène au troisième effet kiss cool, et non le moindre !…

#4 – L’état psychologique

Nos émotions ! Celles-là même dont on nous dit qu’il faut savoir les gérer.

Sauf qu’au tout début du sevrage, un fumeur est souvent à fleur de peau. Un petit mot de travers, et ça part comme une fusée ! Ou au contraire va avoir tendance à rendre triste et déprimé.

Beaucoup de fumeurs redoutent de ne pas pouvoir gérer les situations stressantes après l’arrêt du tabac. Ils estiment que la cigarette a toujours été une « béquille » qui les a soutenus dans les moments difficiles… en mettant de côté toutes les émotions « négatives ».

Envie d’arrêter de fumer ?
Et si vous essayiez les méthodes douces ?

C’est comme si vous étiez tout le temps à découvert et vous planquiez les factures sous le tapis pour ne pas les voir, laissant les dettes s’accumuler de plus en plus.

Il est bien évident qu’à un moment donné, un huissier va venir frapper à votre porte et vous réclamer le montant des factures… les intérêts en plus.

Toutes les situations que vous avez enfumées depuis des années se sont empilées les unes sur les autres et forment désormais une véritable montagne.

Quand la brume commence à se dissiper et que vous commencer à découvrir la taille de la montagne et ce qui la compose, vous prenez peur et vous ruez chez le marchand de tabac le plus proche pour raviver la flamme au plus vite et masquer daredare cette éminence devenue trop encombrante.

Refuser de souffrir est humain. Ce qui l’est moins, c’est la culpabilisation que la société fait peser sur nos épaules. De nos jours, faire une scène ou verser une petite larme est devenu un vrai drame.

Vous êtes à présent persuadée que la colère, la peur et la tristesse sont des émotions négatives. Vous évitez de vous y confronter.

Pourquoi ?

Comme une personne accro à l’alcool, tant que vous éviterez d’écouter ce que vos émotions ont à vous dire et que vous le garderez au plus profond de vous-même, vous resterez enchaînée au tabac aussi surement que le jour succède à la nuit.

L’addiction psychologique à la cigarette est la principale raison qui vous maintient sous l’emprise de ce tube à fumette, pas la nicotine.

Vous vous accrochez au tabac comme à une bouée de sauvetage, alors que plusieurs navires vous entourent et sont prêts à vous hisser à leur bord pour vous sortir de la détresse dans laquelle vous vous trouvez.

Etes-vous prête à lever la main pour vous sortir de l’enfer ? Oui ?

Alors accrochez-vous et poursuivons.

#5 – Comment décrocher ?

Les médias, soutenus par la sécurité sociale, vantent sans relâche, les mérites des produits de substitution, tels que les patches à la nicotine, les inhalateurs, les gommes à mâcher…

J’ai longtemps pensé que c’était une excellente idée d’accompagner en douceur les personnes dépendantes.

A la lecture du résultat des études très controversées et en l’état de mes connaissances actuelles, je me pose beaucoup de questions.

Si la cigarette est une béquille, que sont les substituts ?

A-t-on jamais vu quelqu’un remarcher en utilisant exclusivement une canne ou un déambulateur ?

A l’évidence, non. Ces ressources aident à moins souffrir lors d’un déplacement, mais n’entrent en rien dans le processus de guérison. Pour soigner une fracture de la jambe, le repos s’impose.

Alors quelles pourraient-être les remèdes naturels efficaces qui ont déjà fait leurs preuves pour l’arrêt du tabac ?

Difficile de trouver des informations chiffrées sur le sujet, mais il est notoire que la solution réside dans un travail sur soi pour apprendre à mieux gérer ses émotions autrement, seule ou avec l’aide d’un professionnel spécialisé en thérapie brève.

Les possibilités sont nombreuses : méditation, écriture, mandala, sport, yoga, hypnose, acupuncture, auriculothérapie, shiatsu, TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale), EMDR, EFT (Emotional Freedom Techniques)… pour n’en citer que quelques unes.

Alors, maintenant que vous savez que multinationales du tabac et lobbies pharmaceutiques vous mentent pour vous maintenir dans la dépendance et continuent à vous plonger la tête sous l’eau plutôt que de vous aidez à larguer les amarres… Que les substituts proposés vous seront aussi efficaces qu’un comprimé de farine ou une pichenette d’air marin…

Que les symptômes de malaise sont temporaires (3 jours) et vont rapidement s’estomper

Que tout comportement se désapprend et se remplace par un autre dans chaque situation de votre vie…

Et qu’il existe des solutions alternatives pour exprimer vos émotions et non les étouffer

Je veux définitivement arrêter de fumer…

 

Qu’allez-vous faire cette année ?

Continuer comme avant ou passer le cap ? Arrêter seule, en couple/groupe ou avec un accompagnement thérapeutique ?

Vous souhaitez être accompagnée par un professionnel ?

[1] https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-tabac/20100922.RUE8411/seule-la-nicotine-ne-rend-pas-accro-il-lui-faut-du-sucre.html

[2] http://www.europe1.fr/france/trop-de-sucre-dans-le-tabac-784261  

[3] http://additifstabac.free.fr/index.php/additifs-sucres-imao-dependance/

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Vous êtes fumeuse ? Qu’avez-vous décidé de faire cette année ?

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